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Des majorités fondées sur la protection des minorités

A la recherche d’une comparaison téméraire, on pourrait dire que la politique italienne ressemble chaque jour de plus en plus à une branche du WWF, d’ailleurs très minable. Au filet des proclamations – qui scintillent sur les maxi-réformes de l’Impôt, de la Justice, de l’Économie, toutes rigoureusement déclinées avec les lauriers de la majuscule – la réalité quotidienne se traduit par une éternelle indication des groupes et sous-groupes à protéger. Ce sont d’abord les migrants, puis les minorités de genre, puis les femmes, maintenant les jeunes. Les programmes des fêtes comme des étendues ininterrompues de bambous pleins de pandas à sauver. Pour l’amour du ciel, historiquement chacun a ses électeurs à protéger et ses classes de référence auxquelles répondre, mais ici l’exception est devenue le système. Et maintenant, il voyage de manière autonome à pleines voiles.

Ce n’est pas un mystère quelle est la source de cette manière désormais répandue de livrer bataille à l’intérieur et à l’extérieur de l’arène parlementaire. La mutation génétique de la gauche de l’avocat des masses du XIXe siècle à celui d’ombudsman contemporain des minorités, quelles qu’elles soient, a inauguré un nouveau cerveau politique : une série de partis qui construisent, ou prétendent construire, leur propre « majorité vocation « sur la protection de la minorité ».

De plus, tombant du poirier à chaque fois qu’ils découvrent le sophisme de l’équation mathématique. Pourtant, ce qui ne marche pas dans les sondages marche très bien dans le débat, finissant par le submerger complètement. C’est ainsi que l’opposition entre progressistes et souverainistes se joue entièrement le long de cet axe. Ce n’est pas un hasard si Matteo Salvini répète l’adjectif « normal » du matin au soir. Personne normale, vie normale, pays normal. Si la gauche s’empare des minorités, elle prend toutes les autres qui sont majoritaires. L’une des raisons du triomphe des souverainetés ces dernières années, des États-Unis au cœur de l’Europe, réside précisément dans cette construction d’une idée du peuple fondée sur le « caractère non exceptionnel » de l’électeur. Mais c’est au fond un contrepoint, souvent vague et très caciarone, car les autres dictent l’ordre du jour.

La dernière catégorie protégée jetée dans le débat par la proposition d’Enrico Letta sur les droits de succession et la dot afférente sont les jeunes. Ce n’est pas la première fois que nous les voyons apparaître. C’était déjà arrivé avec la jeunesse impétueuse de Matteo Renzi et son acharnement à gratter tous les miettes. Mais plus que des jeunes, c’étaient alors des quadragénaires effrénés avides de souffler de vieux bouchons et de la liturgie antique. Désormais, les jeunes sont dans la mêlée en tant que tels et l’indice n’est pas étrange s’il est vrai que la désorientation d’une génération nomade aux poches vides se transforme chaque année en une hémorragie fatale pour le corps déjà sans vie de l’Italie. Mais sommes-nous vraiment sûrs que leur donner un peu de « millata » résout le problème ?

Laissant de côté tous les drames existentiels déclenchés par le caravansérail mondial, même le seul niveau de « matière » – c’est-à-dire de travail, d’opportunités, de formation, de dané si l’on veut vraiment voler bas – demanderait une réflexion globale . École, université, création d’emplois, politiques familiales, filets de protection sociale, réparation du tissu urbain, drainage des bassins de criminalité. Ce ne sont là que quelques-uns des segments de la vie collective qui, s’ils sont bien administrés, réformés ou transformés, pourraient changer radicalement la vie d’un jeune. En vérité, ils pourraient changer la vie de n’importe qui. Et le nœud est là. L’individualisme qui fonde la culture des minorités fait souvent oublier que les révolutions, au sens le plus positif du terme, sont un thème collectif, un « système ». Si vous voulez sauver les pandas, vous devez reconstruire, nettoyer et protéger l’ensemble de l’habitat. Il est temps de se remettre au travail sur les fondamentaux. Pour les jeunes et pas seulement.


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