fbpx

CHVRCHES est de retour… en duo avec Robert Smith !

Le guitariste militant Tom Morello fête ses 57 ans aujourd’hui ! Il emmène ses riffs et effets avec lui dans ses nouveaux mondes… Interview

Cet entretien a été initialement publié en 2018.

Jouer avec les mots pour les faire ressortir Tom Morello toujours aimé presque autant que … bricoler avec sa guitare. Il fut un temps celui de Colère contre la machineLe diplômé de Harvard l’a laissé à Zack de La Rocha, mais n’en a pas moins pensé. Les formules et les phrases choquantes se succèdent lorsqu’il évoque son nouveau projet Atlas Underground, un amalgame vertigineux, musicalement comme dans ses textes, sur lequel il se concentre depuis quatre ans. Pour ce qu’il aime appeler une « conspiration sonore clandestine », le métalleux Morello – il est le premier à reconnaître qu’il s’agit de son berceau musical, GZA et RZA du Wu-Tang Clan, etc.) et électro (Whethan, Josh Carter de Phantogram, Nico Stadi…), pop (Portugal the Man), folk (Marcus Mumford) ou blues (Gary Clark Jr.) avec la volonté de repousser les limites et de ne pas abandonner son activisme. Avant de retourner au studio avec le Prophètes de la colèreil se lève – brièvement – et s’explique.

Votre objectif déclaré avec ce nouvel album était d’en faire un « Hendrix d’aujourd’hui ». Cependant, il ne s’est jamais montré ouvertement politique dans ses textes.

C’est seulement. Mais pour le son, c’est différent. Si vous étiez dans le top 10 des chansons les plus politiques de tous les temps, son interprétation de l’hymne américain à Woodstock serait certainement là. La redéfinition et la recontextualisation d’une chanson comme celle-ci ont remis en cause la définition de ce que signifie la musique ; et c’est profondément politique. Vous n’avez pas besoin d’un mot pour cela.

Ce serait donc l’idée derrière ce nouvel album.

Dans un sens. À ma façon, je vois en quelque sorte ce projet comme un cheval de Troie. Il veut se frayer un chemin dans un domaine, électro ou hip-hop, où les idées qu’il prône et la manière de les défendre ne sont peut-être pas tout à fait désirables. La guitare n’a plus sa place dans les charts ou sur la piste de danse. Idem pour les messages de révolte et de libération. C’est de cela qu’il s’agit maintenant. La guitare est le lien et l’intermédiaire (des rires).

Le sous-sol de l’Atlas serait-ce Hier soir aujourd’hui?

J’ai détesté cet album. Tout le monde pensait que c’était génial, pas moi. Son résultat est définitivement au-delà de la bonne idée [mêler pour les besoins d’une bande originale en 1993 artistes orientés rock ou metal avec d’autres venant de l’univers du hip-hop : Slayer avec Ice-T, Pearl Jam et Cypress Hill, etc.] Mais il contenait les germes de ce qui allait provoquer plus tard ma collaboration avec The Prodigy ou Crystal Method sur leur album Tweekend, qui eux-mêmes sont à la base du concept d’Atlas… travaillant lentement et constamment lié à leurs ordinateurs, j’aurais eu le expérience pour continuer avec les gars de Crystal Method (des rires).

« Ma seule responsabilité en tant qu’artiste est de rendre le travail que je fais et que j’aime aussi authentique que possible. « 

Sur « Nous n’avons pas besoin de vous », Vic Mensa parle du 11 septembre comme une blague. Tom Morello se lancerait-il dans les théories du complot ?

Non, non, je ne suis abonné à aucun d’entre eux, et je suis sûr qu’il ne le fera pas non plus (des rires) ! Nous devons clarifier cela. Je ne sais pas ce qu’il avait en tête…

Le riff de « Vigilante Nocturno » vient des sessions d’Evil Empire, le deuxième album de Rage Against the Machine de 1996. Vous en avez beaucoup dans le frigo ?

Un paquet (des rires) ! Mon ordinateur en est plein. Souhaitez-vous un autre exemple? Les toutes premières notes que l’on entend sur un album de Rage, à savoir l’intro de « Bombtrack », j’ai écrit quand j’avais 19 ans en première année d’études. Je l’ai gardé sur bande. Chaque fois que je m’attaque à un nouvel album ou à un nouveau projet, je passe en revue les idées que je pourrais enregistrer pour voir si elles peuvent avoir une nouvelle vie.

Nous avons lu à nouveau que vous avez vu cet album comme une opportunité de réaliser qu’il était temps de sauver à la fois la planète et nos âmes d’artistes. Comment ces âmes sont-elles en danger ?

Il s’agit de transformer nos croyances en une vocation. Nous arrivons à un moment crucial de l’histoire du monde où il nous laisse choisir. En tant qu’organisation collective, devons-nous prendre le risque de poursuivre les activités que nous menons depuis deux siècles ? Mes seules armes sont une guitare et quelques micros dans un studio. Je vais donc utiliser ce mégaphone du mieux que je peux pour laisser libre cours à ma créativité pendant qu’il est encore temps.

Qui voulez-vous atteindre ? A ceux qui vous ont suivi depuis Rage Against the Machine ou à un nouveau public qui viendrait à vous via l’électro ou le hip-hop ?

Je ne le vois pas ainsi et je ne sais pas si le public de Vic Mensa ou de Knife Party aimerait entendre un solo de guitare. Ma seule responsabilité en tant qu’artiste est de rendre le travail que je fais et que j’aime aussi authentique que possible. Le public de ces artistes est en effet à des années-lumière de celui de Rage Against the Machine ou d’Audioslave. Mon souhait était de les exposer tous à quelque chose qui ne leur est pas commun. Après cela vient ce qui peut.

Propos recueillis par Xavier Bonnet

Laisser un commentaire