fbpx

Avec le Covid, un goût de trop peu pour l’industrie agroalimentaire

https://www.modere.eu/?referralCode=1202783

L’industrie alimentaire belge a su limiter les dégâts causés par le Covid. Mais un grand quart des entreprises se disent en grave difficulté financière.

On ne dira pas que l’euphorie de 2019 est oubliée, mais comme prévu, le millésime 2020 de l’industrie agroalimentaire est moins buvable. Le Covid a été là. Globalement, le secteur se porte plutôt bien, avec un chiffre d’affaires de 54,4 milliards d’euros (-1,7%). Mais cette baisse limitée par rapport à une année record 2019 cache des disparités qui font que 2020 ressemble à des montagnes russes.

Les chiffres clés

54,4 milliards d’euros – La baisse du chiffre d’affaires de l’agroalimentaire, limitée à 1,7%, masque des tendances contrastées, avec un bond de 6,7% au 1er trimestre et une baisse de 9,3% au 2èmee.

-18,4% – La fermeture de l’hôtellerie et de la restauration et l’annulation de la plupart des événements majeurs ont fait chuter la production de boissons de plus de 18%.

4,3 milliards d’euros – Les exportations ont reculé de 1,9% à 26,7 milliards d’euros, tandis que les importations ont augmenté de 1,4%. De quoi réduire la balance commerciale de 800 millions d’euros par rapport à 2019.

27% – Fin janvier, 27% des entreprises agroalimentaires se disaient en grande difficulté financière. Ils n’étaient que 18% début septembre 2020.

Il avait commencé sur les chapeaux de roues, avec des ventes en hausse spectaculaire au premier trimestre (+ 6,7%). Le reste ressemble plus à la soupe à la grimace, avec un les ventes chutent de 9,3% au deuxième trimestre et de 4,3% au cours des trois derniers trimestres 2020. Du jamais vu depuis la crise financière de 2008.

« L’industrie alimentaire n’est pas le secteur le plus touché par la crise du coronavirus, mais cette baisse modérée cache parfois des réalités tragiques « , explique Carole Dembour, conseillère économique chez Fevia.

L’impact du tourisme et de l’hôtellerie

Ceux qui souffrent le plus de la situation sanitaire actuelle sont les producteurs de boissons. La fermeture de l’industrie hôtelière et l’annulation de la plupart des événements majeurs ont fait chuter la production de plus de 18%. Logique: selon les chiffres publiés fin 2020 par Fevia, l’hôtellerie-restauration représente à elle seule une perte de revenus de 320 millions d’euros par mois. «Et les entreprises qui travaillent principalement avec le secteur du tourisme ont subi une perte de chiffre d’affaires de plus de 50%», explique Carole Dembour.


« Les coûts de production ont augmenté en raison des investissements dans les mesures de protection, de l’absentéisme et des prix des matières premières. »

Bart Buysse

PDG de Fevia

en outre augmentation des coûts de production. « Celles-ci ont augmenté en raison des investissements dans les mesures et équipements de protection, l’augmentation de l’absentéisme provoqué par la pandémie et la hausse des prix des matières premières », explique Bart Buysse, PDG de Fevia.

Résultat: malgré les mesures de soutien des pouvoirs publics, la crise financière gagne du terrain. Fin janvier, 27% des entreprises agroalimentaires se disaient en grande difficulté financière. Ils n’étaient que 18% début septembre 2020.

Les achats transfrontaliers en baisse

Si le marché intérieur boit la tasse, les exportations ne rattrapent pas la sauce. Celles-ci baisse de 1,9% à 26,7 milliards d’euros, avec une tendance en dents de scie dans les différents pays selon la période de l’année, tandis que les importations ont augmenté de 1,4%. De quoi réduire la balance commerciale de 800 millions d’euros par rapport à 2019.


« L’Etat a pu collecter 40 millions d’euros supplémentaires d’accises et de TVA sur des produits que les Belges n’achetaient pas à l’étranger. »

Carole Dembour

Conseiller économique chez La Fevia

Pour toutes choses, le malheur est bon: la fermeture des frontières provoquée par la crise de Covid pendant une partie de l’année a réduit de 30% les achats transfrontaliers de produits alimentaires des Belges. L’effet de cette mesure est particulièrement visible dans les supermarchés situés dans les zones frontalières: leurs ventes ont augmenté plus nettement que dans le reste du pays.

« La fermeture des frontières a eu un impact positif non seulement pour nous et pour le commerce de détail, mais aussi pour l’Etat. Elle a pu collecter 40 millions d’euros supplémentaires de taxes indirectes (accises et TVA) sur des produits que les Belges n’ont pas. acheté à l’étranger », souligne Carole Dembour.

« Pas en soins intensifs »

Le moratoire sur la faillite et le chômage temporaire ont permis au secteur maintenir l’emploi à un niveau stable de 95 670 postes (+ 1,1%). Un nombre positif qui cache un Baisse de 9,5% du nombre d’équivalents temps plein résultant du chômage temporaire une partie de la main-d’œuvre.

En ces temps difficiles, le PDG de Fevia reste néanmoins positif. « Grâce aux mesures de soutien du gouvernement et à notre plan de relance #ReverseTheCurve, le secteur n’a pas fini en soins intensifs « , il a dit. De quoi permettre à l’industrie agroalimentaire de maintenir un certain niveau d’activité.

Néanmoins: si l’industrie agroalimentaire reste le premier investisseur manufacturier du pays, les entreprises ont été plus prudentes dans leurs dépenses. Leurs investissements ont diminué de 3,7%.

Pour 2021, le redémarrage passera inévitablement par la vaccination et les tests rapides, mais aussi la réouverture de l’industrie hôtelière et du secteur événementiel. «L’objectif doit rester l’ouverture de la restauration le 1er mai, sans marche arrière. Il est important de pouvoir planifier pour aller vers une reprise économique », souligne Jan Vander Stichele, président de Fevia.

Sans oublier un effort des autorités sur les handicaps salariaux, fiscaux et énergétiques qui pèsent sur les entreprises belges vis-à-vis de leurs concurrents des pays voisins.

Laisser un commentaire